Les clubs très privés des partenaires sociaux [Trouvée dans "Gestion Sociale" : la lettre hebdomadaire des dirigeants].

mardi 4 janvier 2011
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mardi 4 janvier 2011.

La première boussole permettant de se repérer dans le labyrinthe des instances de dialogue social vient de paraître, à l’initiative de Réalités du dialogue social (RDS). Baptisé Diem (dictionnaire des instances d’exercice de mandats), il recense pas moins de 292 associations, conseils, comités ou fonds dans lesquels syndicats et organisations patronales délèguent des représentants. Un maquis où les partenaires sociaux eux-mêmes s’égarent. Diem ne représente que le premier volet d’une initiative qui se prolongera en 2011 par des réflexions sur la gestion de ces mandatés, sous les aspects compétences, turnover, et reconversion.

Si l’association, chaperonnée par Jean-Paul Guillot, ancien président du Bipe, est crédible dans ce rôle, c’est parce qu’elle fait phosphorer les acteurs des deux camps dans un cadre non institutionnel. Bien que ses ressources financières proviennent d’une quarantaine d’entreprises, ténors du Cac 40 et stars de l’économie sociale, son bureau se veut œucuménique. Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Guillaume Sarkozy (Malakoff Médéric) et Bernard Chambon (Rhodia Chimie) s’y côtoient.

Aux think tanks monoculturels où l’on reste entre gens de bonne compagnie se substituent des clubs non moins sélects, mais plus ouverts à la confrontation constructive. L’association Dialogues, think tank fondé par Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais, en est. Soutenue par plus de 60 entreprises, dont la moitié du Cac 40, qui versent chacune 10 000 € par an, elle bénéficie aussi de l’appui de la CFDT, de la CGT et de FO. Ses dîners-débats, réunissant une centaine de happy few, ne désemplissent pas. Au nombre des convives que l’on y croise, Bernard Thibault, patron de la CGT, Laurence Parisot, présidente du Medef, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Jean-Denis Combrexelle, directeur général du Travail. C’est de cette alcôve qu’ont été lancées les premières idées qui aboutiront à la loi d’août 2008 sur la représentativité syndicale.

Autre conclave créé sur le même modèle, avec la volonté partagée de favoriser le dialogue social sans œillères : la Fondation Croissance responsable, qui a tenu son premier forum le 9 décembre dernier. Plus large, ce cercle créé par les entrepreneurs Christian Poyau et Denis Payre ainsi que l’avocat Christian Nouelrassemble dirigeants de grandes et petites entreprises, syndicalistes, figures du monde associatif et intellectuels, pour « faire bouger les lignes ». Au nombre de ses donateurs : Microsoft, Boston Consulting Group, Société générale et Total. Signe de diversité, la fondation, hébergée par l’Institut de France, fait plancher aussi bien Franck Mougin, DRH de Vinci, que Jean-Christophe Le Duigou, monsieur économie de la CGT, ou encore le sociologue Julien Damon sur le thème de l’ascenseur social.

Tirée de Gestion Sociale, 30/12/2010